Les hirondelles ont déserté BonVent, il n'y a plus un arbre, et le phare est éteint.Et si l'on ne part pas bientôt, il n'y aura que du sable, du sable plein la bouche, et du sel dans les yeux.Bon Vent n'a pas d'Eglise, seulement les nuages et il n'y a...
Dis-moi quel est ton dieu, Grande Mer.Vénérons-nous les mêmes forces ? A qui rends-tu des comptes lorsque tu te soulèves ? Comment vois-tu le ciel ? Crains-tu que les étoiles s'en décrochent, et empoisonnent ton sang ?Ton lit aussi vaste que celui du...
C'est usant.Et inquiétant.Une vaste mer de vouloir être, sans jamais larguer les amarres. Par paresse.Lassitude face aux possibles. Face aux jours qui déroulent leur fatalité toujours un peu plus vite.Découragement.Elan abattu, inspiration douloureuse.S'il...
Il y en avait dix. Dix mondes les uns près des autres, les uns sur les autres des dimensions emmêlées, paniquées, se tordant en tous sensdécouvertes affaibliessouffrance du miroir Et l'espace tout entier soudain se craquela, et commença de s'effondrerIl...
Ne t'évapores pas...S'il te plaît, ne soit pas mirage, Ne t'évanouis pas avec les farces de Novembre... Si tu pouvais...Transformer l'absence en musique habitée, Faire résonner les mots qui vibrèrent autrefoisDans les notes d'un choeur pour toujours inspiré...
C'est comme si tout était déjà fini.Le sentiment d'être arrivé au bout, de la route, des sentiments, d'une vie.Et plus personne, se trouver tout seul, effroyablement seul, sans rien à soi, en dedans comme en dehors. En dehors ?... Rien que des décors....
J'attends la pluie.J'attends le froid, le givre. Pas eu le temps de me relever entre chaque assault, je ne lutte plus.En gardant la face contre la poussière, peut-être, que les ombres passeront sans prendre garde à moi.Je ne vous ai pas défiés. Je n'ai...
J'ai cherché longtemps ce que j'avais trop bien caché naguère. J'ai tant oublié...Et j'ai remué le tas de feuilles inertes couvertes de mille écritures, toutes miennes, que j'avais semble t-il décidé de conserver toujours, dans l'espoir sans doute de...
« Sais-tu chanter ? - Oui. - Où as-tu appris ? - Dans les sapins centenaires de mon île natale. - Quels ont été tes professeurs ? - Le soleil rouge. Les torrents glacés qui roulent du tambour entre les rochers ronds. Les cerfs et les rennes qui brament...
Sens dessus dessous. Et des cris et des rafales.Des insectes volants aux allures de faisans, aux armes de mantes religieuses, brisant carreaux et portes, et bourdonnant trop fort. Des meutes de chiens errants qui dévorent les passants, des hordes de chats...
LE DIAMANT DE POLICHINELLE Les contes de la Zérosième Pour l'anniversaire de son mariage, Polichinelle avait mis son habit de soie et son chapeau galonné d'or. Il courait chez le bijoutier de la ville afin d'y choisir le diamant qu'il offrirait à sa femme....
"Il est venu avec les pluies, mon camarade, celui qu'on dit que chacun a dans son dos.Il est venu avec les pluies, triste, et il ne s'est pas encore séché.J'ai pris quelques départs depuis. J'ai abordé quelques rivages nouveaux. Mais je n'ai pu le désattrister....
Tout est en place, et l'on revient doucement d'où l'on est arrivé.Les sentiers arpentés maintes fois ont une toute autre allure, même si la grande route conserve son odeur. Les vieux contes reviennent et les sons se réveillent, puisqu'il convient de rire...
C'est juste que j'en ai marre de n'avoir rien d'autre à dire.Les mêmes mots qui constamment reviennent, ces commencements de fins et ces fins de commencements. La route interminable, la boucle continue, le mur infranchissable... C'est que je tourne en...
Le fleuve des enfers qui me sépare de l'Autre Vide s'est trouvé réduit à un ridicule ruisseau. L'eau figée et grasse, aux relents de charogne, reflétait encore ce ciel noir, encore, sans pluie et sans orage..J'ai marché sur la rive , la prairie verte...
Le fleuve des enfers qui me sépare de l'Autre Vide s'est trouvé réduit à un ridicule ruisseau. L'eau figée et grasse, aux relents de charogne, reflétait encore ce ciel noir, encore, sans pluie et sans orage..J'ai marché sur la rive , la prairie verte...
Une couleuvre rousse, une couleuvre blanche, lovées dans les cendres froides d'une cheminée sale, contre le ventre blanc d'un tigre grotesque aux pattes atrophiées. Et des lézards qui fuient pour ne pas qu'on les mange, partout des lézards, qui s'éparpillent,...
[...] Je sais bien la différence que votre monde peut faire entre un crime passionnel et un crime de sang froid. Sachez seulement que je ne fais jamais rien avec passion, et que tout est fluide dans mes actes, quoiqu'en dise mon reflet. [...] J'ai éteint...
" ...La magie s'est enfuie, et quand je parle, aucune voix ne vient doubler la mienne et je sais que je parle seul. Je sais que l'autre n'est pas moi, ni moi l'autre, que lui, comme l'arbre, mon beau marronnier, comme le ciel, si pur au-dessus des Alpes...
Je me suis humiliée avec des mots trop vagues Petits, petits, si petits, tellement petits Tellement vagues qu'ils demeurent vain, à tenter de dépeindre la la route, la loi, la nuit.. le reste Mais l'incapacité à nommer n'a jamais démasqué l'imposture,...
LE MARIN QUI BALAYAIT LA MER (les contes de la zérosième) Quand, après sa maladie, Scorf revint à bord du "vent des vagues", un vieux navire qui tenait bien la mer, ses camarades le prirent pour un nouveau matelot. Son aspect n'avait point trop changé...
"Il n'y a pas à le nier, nous sommes deux maintenant... je veux dire moi et mon double qui a surgi du lac et qui m'a poursuivi jusqu'ici... Ayez pitié, Maître, prenez votre canne-épée et tuez ce coquin... il est fou il croit que je le suis et il peut...
Le plus difficile, c'est cette certitude qu'il n'est rien de juste ou d'injuste. Aucune frontière, aucun dieu à blâmer, personne à accuser, à punir, rien à renier.Le plus difficile c'est de ne rien pouvoir tenter, toute l'étendue de l'impuissance.Ne pas...
Voilà, c'est fait, un premier pas hors de ma bouillasse insulaire, pour mieux me plonger das celle de mes névroses. Parti enfin, pour de vrai, et malgré cette impression naturelle de n'être qu'en pause, me voici malgré tout au pied du mur, forcé d'avancer,...
"Un Royaume pour nous protéger du Silence des Bêtes marines"...L'eau, comme ultime berceau de la Loi.Celle qui régit l'existence de la petite, de la silencieuse.Le souvenir des mots qui s'égrenaient ainsi, une lettre après l'autre.Souvenir de l'impatience,...