Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

rappel

Le fleuve des enfers qui me sépare de l'Autre Vide s'est trouvé réduit à un ridicule ruisseau. L'eau figée et grasse, aux relents de charogne, reflétait encore ce ciel noir, encore, sans pluie et sans orage..
J'ai marché sur la rive , la prairie verte et pour toujours malade s'étendait à jamais, et tout était muet, suspendu, comme dans aquarelle.

Du tabac dans ma bouche, du tabac qui étouffe, impossible à recracher...

Et j'ai marché ainsi sur les bords de l'Oubli jusqu'à un caveau vide.
Mon caveau. Ma tombe, ma tombe au coeur de la prairie.
Dans la pénombre rassurante j'y ai bu l'eau froide qui stagnait dans un bénitier de marbre...

Puis est venue la crue.
La vague de reproches, de paroles assassines, le flot de vérité méchantes qui frappent, assomment, broient.
Petitesse, petitesse face à la mer, ridicule tentative de survivre au tumulte.

Et le chemin vers le phare éteint, seul émergeant de la tempête silencieuse.
"le vieux sphinx", invoqué "lorsque monte l'odeur des algues mortes. Ce qui était et s'étiole pour être".

Les nuages ont rencontré la mer. Les eaux se sont confondues avec avec le ciel noir,
tout a roulé, tout a sombré, aspiré, recraché, brouillé dans un formidable fracas, tout, tout s'est mélangé.

"Sa délation est celle qui a substitué l'apprentissage du néant à celui de la simple mort"

Trois vierges noires sur un parvis d'église.
Une salle d'attente aux allures de hall de gare. Et des billes et des enfants. Et dehors, la pluie encore.

"L'avant poste de la grande délation"

Et trois vierges noires sur un parvis d'église.
Trois vierges trapues à la peau brune et au regard stupidement fixe. Serrant dans leurs bras un enfant sans visage, emmailloté dans l'émail.
Comme la vierge du Taur.

"Trois pleureuses pour ce qu'elle croyait ne pas pouvoir perdre. Trois hurlantes défiant ce qui existe pour qu'il puisse être.
Les gardiennes du seuil, qui couvent le feu impur qui transforme le pétrole en charbon"

Pardonne, pardonne la fin de ma vie, pardonne ma pourriture et la boue que je sue, pardonne la triste route qui trace même sous l'eau..
je ne sais que constater
sans jamais pouvoir m'étourdir.


"Derrière la porte, le tombeau reste vide."
hijigop

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article