Par Super Pépin
J'ai cherché longtemps ce que j'avais trop bien caché naguère. J'ai tant oublié...
Et j'ai remué le tas de feuilles inertes couvertes de mille écritures, toutes miennes, que j'avais semble t-il décidé de conserver toujours, dans l'espoir sans doute de me souvenir un jour. Alors j'ai tout détruit. Je n'ai rien reconnu dans les pages mensongères, je n'ai rien ravivé de ce qui était mort ou qui ne fut jamais ; j'ai eu honte de moi, de la maigreur de l'âme qu'alors je malmenais, et je n'ai pas souri. Pas une seule fois.
Déconcertant spectacle que cet amoncellement de mille fausses vies, les formes sans substance que j'ai modelées longtemps, longtemps, péniblement...
Et ce vide acceuilli et lentement ouvragé, et l'immense mensonge de la forme choisie, que c'est pauvre, que c'est vain, que c'est terne et débile, où donc étais-je parti ? L'inutile exercice du journal qu'on n'adopta jamais. Et les relents nauséeux des tentatives avortées. Le pitoyable effort...
J'ai trop surestimé tous ceux que j'ai été.
Mais "Je resterai pour toujours les mots imprononçables" et ne parlerai plus de ce que je sais dire.
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