Ce n'est rien.
Rien d'important.
Juste de vieilles chimères qui se tordent encore au fond du gouffre que j'ai refermé sur elles. Cela arrive encore parfois. De loin, de tout au fond. Elles souffrent encore je crois. Angoisse résiduelle.
Je crois...
Ce n'est pas que je sois cruel, c'est simplement ainsi que doit tracer l'existence...
Rien que de simples mots qui semblaient tout un monde. De simples mots... Comme c'est étrange, avec quel facilité embarrassante le coeur bondit pour de simples bouts de phrases... de simples petites choses si peu importantes au fond.
Ou tellement...
Tellement que le temps n'y change pas grand chose.
Je ne sais plus. Je n'ai jamais vraiment su de toute façon. S'étouffer, ou manquer. Au fond c'est même chose. Puisqu'il faut partir, tôt ou tard, ne nous encombrons pas. Les chimères c'est sauvage. Les chimères sont armées. Leurs griffes font si mal lorsqu'elles rouvrent les plaies...
Comme j'y avait bien cru n'est-ce pas? Je m'en souviens encore, je me rapelle ces heures perdues à broder les perles d'un avenir que jamais je ne verrais... Même toi mon âme, tu t'es laissée avoir. Je ne t'en veux plus, tu ne pouvais savoir, que pouvais-tu bien faire?
Un jour je pourrais ré-écouter toutes les mélodies collées sur ces images fanées.
Un jour...
Le temps permet tout à qui ne cesse de marcher.
Le temps pardonne et efface...
Scelle et recouvre...
Et ne se retourne pas.