Par Super Pépin
Anéanti.
Mai, tu reviens, un peu plus cruel à chaque fois.
Immanquablement...
Mai, c'est ma peau que tu veux. Tu tentes de m'arracher les yeux, le coeur, l'esprit.
Je le sens bien, et chaque année, tu te fais plus tranchant, plus violent, tu innoves,tu sais toutes les failles...
Mes os craquent et me font souffrir, ma tête est lourde, mes traits tirés, vieilli. Mon coeur aussi, vieilli, tant vieilli...
Percé des trois épées, il pompe aussi bien qu'un autre pourtant, quoi qu'il semble un peu plus las qu'avant...
Vois, je n'ai plus la force de verser une larme, plus la force d'être seulement triste.
Je ne vois plus le bout. Mon âme est sèche, tarie, fatiguée.
Ne trouve pas le repos, ne trouve pas de lit.
Et vide. Il me semble que je la perds...
Plus rien n'intéresse, plus rien n'accroche la pensée, le sommeil nous rend la fatigue intacte au réveil, la douleur ravivée, le souvenir exalté.
Et la détresse est telle qu'on se retient de respirer, par peur d'attirer la foudre.
Et c'est avec effroi qu'on s'observe, s'affairer ainsi à des tâches quotidiennes, d'entendre sa voix simuler le rire et tenir, malgré l'Absence, toutes les conversations.
Ce n'est pas l'Indifférence.
C'est une Epouvante nouvelle qui nous suffoque et nous fige, écrasante et grande comme la mer, fluctuante, intouchable. Qui nous enveloppe tout entier, nous confisque la vue et nous rend sourd au monde.
Je me suis perdu, et derrière moi, les traces de mes pas ont été soigneusement effacées...
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