Par Super Pépin
Et la morsure du crépuscule.
Les couleurs changeantes, les reflets sur le fleuve.
La mer est loin.
Mais pour lors, elle a cessé de me manger tout entier. Je peux rappeler à mon être ses rugissements lointains, ils sont en moi pour toujours.
On ne voit pas non plus les premières étoiles. On ne voit même pas la Grande Ourse, ici.
Mais leurs lueurs froides est imprimée sur ma peau, et sur mes mains abimées je peux redessiner la carte de mon ciel.
Moi aussi je suis loin.
Mais moi, je ne me sais plus trop...
J'erre dans une nuit aride peuplée de sons glacés, et je distingue à peine les crépitements du feu que je devrais garder.
Je ne sais pas comment je suis censé m'y prendre, j'y jette un tas de choses qui font s'éparpiller de toutes petites braises, et je souffle dessus à en perdre conscience.
De peur qu'il ne s'éteigne, de peur de n'être pas capable de le croire assez fort pour brûler à mes pieds sans que je m'affaire.
Alors que, peut-être, ce que je devrais faire, c'est étendre mes mains et réchauffer un peu mon coeur si paniqué.
Et puis m'asseoir ainsi.
Et puis fermer les yeux...
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