Parce que ces derniers temps, on fait beaucoup d'erreurs sans doute, le film saute plusieurs fois dans une même histoire, et l'on arpente des lieux plus qu'inhabituels.
Ainsi il eut des escaliers, délabrés et sans fin, montés deux fois puis descendus avec difficulté, encombrés qu'ils étaient de passant essoufflés portant des poussettes vides. Et un jeune couple dont la femme, aveugle, se transformait en truie pour essayer chaque nuit de manger son mari. La bête à l'oeil jaune et fou, au cri effroyable, au pas lourd et rapide... Et l'oubli au matin, la folie, la folie meurtrière, métamorphoses immondes...
Plus tard il y eut la course inquiète au-dessus de la mer en bordure de village, et l'inspection rapide des temples alentours. Une église fermée aux bas-reliefs colorés, une autre sans vitraux, dans laquelle on surprit un conciliabule tenu par cinq moines vêtus de blancs. Un autre temple encore, sombre et occupé par une large table de banquet ...
encore...
et de grands encensoirs suspendus aux plafonds, et une odeur de myrrhe, de moisissure aussi... Des colonnes de marbre, des tapisseries défraîchies, et un tour de salle qui fut reproduit par deux fois, à l'exacte identique.
Parce qu'on fait des erreurs, un détail devait avoir échappé..
ou même pas...
De retour dans la rue, ce fut en face de Lui que j'ai fini le rêve.
Et par deux fois encore.
Lui, peint sur le mur gris, comme sous la pluie naguère, grand et parfaitement droit, immobile, silencieux, et par deux fois ce mur se dressa devant moi.
Parce qu'on fait des erreurs ces derniers temps..
Parce qu'un détail sans doute, avait dû m'échapper...
et m'échappe encore plus...
Et toujours le même effroi tranquille quand on rouvre les yeux...