Par Super Pépin
Parce qu'il est encore là, arpentant le souvenir de la prairie.
Parce que toujours, il attend.
Son regard est empli d'une inquiétude vieille, bête endormie pour un temps.
Et la peur ravivée est encore plus terrible.
Angoisse.
Fièvre épouvantable qui jonche le sommeil de terreur étouffées, de hurlements désespérés.
Parce qu'il revient toujours, à lui, à son Silence, à son Absence, quoiqu'un peu plus vieilli, à chaque fois.
Et avec les petites marques de temps qui alourdissent son regard, s'effacent des souvenirs.
Des visages, des mélodies.
Des espoirs, des rêves de circonstances.
S'effacent les joies, comme les rages, et tout se confond dans le Bruit Blanc tant redouté.
Parce qu'il sent bien qu'il faiblit.
Ses gestes se font las, sa voix se fait traînante.
S'il se prend parfois à s'étourdir dans le sillage d'un Autre, ce n'est que pour revenir ici, d'une manière ou d'une autre, poser sa nuque raide contre la pierre froide du caveau des Loups.
L'amertume revient, toujours.
Et les loups, eux, semblent n'avoir jamais parlé.
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