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fin


Je revois l'horizon accablé de nuages ; et marche de nouveau sur les berges vaseuses, attendant les tonnerres, qui ne déchireront finalement jamais ces cieux immobiles.
Aujourd'hui tout est figé, les noyés ont coulé et les eaux ont mangé ce qui me retenait.
Alors je puis m'asseoir, dans l'herbe jaunie par ces soleils dévorants que je redoute encore, je sais que tout est suspendu, que rien ne viendra plus troubler la surface de l'eau.

Je viens sceller l'adieu, mais, face aux plaines assassines qui sont pourtant toute mon âme, il m'est bien difficile de déserter les lieux, pour laisser se défaire et disparaître enfin ma vaste prairie desséchée.
Je ne me sens chez moi qu'en ce seul lieu maudit, nourri de cauchemars et de lamentations.
Ma prairie désolée que j'ai tant regretté, aimé, comme la maison rêvée des orphelins de coeur, battue par d'effroyables vents qui balaient les espoirs...
Ma prairie, mon pays, berceau de toutes mes morts...

Plus rien ne bouge ni ne soupire.
Contrées essoufflées, c'est à vous de mourir, à moi d'aller me perdre, loin de vous cette fois...
Ma prairie, mon pays, berceau de toutes mes morts...
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