Par Super Pépin
De nouveau, je les entends.
Et je me souviens. Des voix des oiseaux fous qui chantent la nuit, à la lueur des réverbères.
Leurs chants qui parlent d'Elle, et qui, doucement, la tire de sa torpeur.
Alors, Elle est revenue.
Elle a rouvert les yeux, et Elle s'est approchée.
La Bête longtemps engourdie, flattée par mes quelques escapades décousues.
Je sens son souffle sur ma nuque.
Son souffle froid, comme les vents méchants qui descendent des sommets.
Et comme une ombre massive, sur le pas de ma porte, elle attend.
Me regarde passer, jour après jour.
M'observe, me presse, me malmène, et me traite de lâche.
Elle sait, ce n'est qu'une question de temps.
Avant que je ne suffoque, sous le poids de ses attentes.
Ainsi un jour, bientôt, mes gestes se feront lents et vides de toute intention.
Et mes pas deviendront lourds, mes yeux s'assombriront.
Et de nouveau, je devrais tout laisser, et fuir pour l'apaiser.
Pour que se love dans l'ombre, satisfait un temps, le Monstre aliénant qui tient mon coeur entre ses mâchoires.
Que je berce et endors, qui me force à détruire à chaque fois ma maison.
Celui qui, lorsque je me trouverai trop fatigué d'errer,
me perdra dans les chants des oiseaux insomniaques.
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