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ah oui, bonne merde d'insomniaque, tiens ^^

L'inquiétude...
Une projection de ses propres névroses sur ceux-là qui n'ont rien demandé.
Délires paranoïaques qui grossissent et nécrosent la raison.

C'est que les inquiets s'alimentent d'un rien.

Vouloir aider, sortir un tel de son trou, aider un autre à refaire surface...
Sortir tout le monde de la bouillasse des existences alors qu'on y est soi-même plongé jusqu'au cou.
Non plus profond encore - hé! on est toujours plus bas que les autres non?

C'est vouloir être utile à ceux qu'on aime pour sentir qu'on n'est pas rien, en fin de compte.
Mais non. L'Inutilité est établie.
Ridicule besoin de reconnaissance.

"Moi! moi! moi!"

Mais ça ne regarde personne.

Les laisser.

Savoir être là s'il faut.
Si on ne l'est pas, c'est pareil.
Nul n'est indispensable, on l'a appris bien tôt, et on a tôt fait d'être rayés du tableau, comme les autres, comme ceux qu'on a nous-même oubliés.
Y a pas de traitement de faveur.

Les laisser faire, les laisser tourner jusqu'à s'étourdir et tomber, les laisser se briser contre des murs trop hauts, les laisser se blesser et se raidir en silence.

Même si ça tord les tripes.
L'inquiétude c'est tenace, les anxieux se le disent.
Ils gagneraient plutôt à s'occuper des pièges tendus sur leurs chemins.

Parce qu'on ne peut pas protéger.
Parce qu'on ne change pas le monde.
Parce qu'on ne voit rien venir et qu'on prend toujours cher.
Parce qu'on ne peut rien contre les barbelés des Autres.
Parce que pendant ce temps, on se déchire soi-même le coeur contre d'autres grillages, et que notre lueur ne réchauffe pas grand chose que nos seuls rêves.
Et parce que c'est la vie, et qu'on y peut que dalle.

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