Par Super Pépin
Maître, que tentez-vous de me faire entendre ?
Je le sais bien, je me fourvoie
je tisse sur mes sens des décors sans matière
perceptions biaisées de trop nombreux faux signes
Et je salis ainsi le ruisseau cristallin qui sillonne ma prairie
et dans lequel, naguère, je noyais du tabac
Près du froid tombeau blanc qui m'étonnait alors
Maître, aujourd'hui vous l'avez fait Prison
dressée au coeur des fondrières désertées par les loups
Et je comprends mal pourquoi sa présence m'est pénible
Indicible inquiétude, ma foi s'est-elle usée ?
je me trouve à frapper du sceau de la pourriture
ce que j'ai de plus cher, croyant ainsi aller aux devants de l'Inéluctable
en condamnant les roses, pour quoi ?
pour espérer parer le coup lorsqu'il viendra ?
Vieux père, libérez-moi des chaînes des questions insensées
des reflexions mortelles qui font mourir le feu
Saturne, permettez-moi de voir à travers le filtre crasseux de l'angoisse installée
Que se rappellent à moi la vraie couleur du ciel et la douceur du miel
la paix encore présente, la foi lavée, enfin
sous la boue mensongère que la peur a versée
Rappelez-moi la paix
Rappelez-moi la paix
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