Par Super Pépin
Il est bien trop facile de ne penser qu'aux morts.
On ne devient pas lâche pour ceux qui ne sont plus.
Et pour cause, on n'est plus jamais couard quand on n'existe plus.
On n'en veut pas aux morts, ils ne déçoivent plus.
On aime trop rôder près de ceux qui s'éteignent.
Bientôt, il seront beaux.
Les autres, ce n'est qu'une question de temps.
Avant qu'ils ne déçoivent, avant qu'ils ne s'effacent, avant qu'ils ne détruisent.
Qu'une question de temps, avant de découvrir la bête monstrueuse, les dionnées avides.
Observeront de loin ceux qui ne pardonnent pas.
Ceux-là qui sont de la race des intransigeants.
Des méticuleux, des rancuniers ;
des toujours droits.
Infaillibles, et figés. Comme les morts sous la pierre.
Que l'orage éclate nos têtes, car nous ne méritons même pas de ployer sous la pluie.
Quand la vue sera rendue, il sera bien trop tard, n'est-ce pas ?
Il est bien trop facile de ne penser qu'aux morts.
Ils n'ont plus rien à dire et sont bien rassurants.
On peut les évoquer avec obscénité.
Puisqu'ils ont cessé d'effrayer. Ils ne bousculent plus.
Heureux celui qui part devant.
On se souviendra de lui comme de quelqu'un de bien.
Et à travers l'orgueuil des lâches et des bannis, on chérira son nom, on pleurera pour lui.
On n'aura que mépris pour celui qui demeure, et on lui en voudra.
Et s'il crève son coeur pour agir de son mieux, on ne remarquera rien.
Pour celui qui respire, tout est sous conditions.
Le commerce des larmes n'est pas pour les vivants.
Jamais.
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog