Des mots comme du miel qui font fondre le givre. Font reculer le froid, un petit peu.
On sait bien que c'est vain, mais un peu de chaleur sait adoucir la foudre et les certitudes assassines.
Il n'y a que le vent, que les couleurs du ciel, la lune au crépuscule. Il n'y a que la mer et ses chants qui enchaînent.
Ce qu'on peut être seul, ce qu'on peut être loin... Pourra t-on dire un jour à quel point je suis loin, depuis quand je me tais, qui pèsera mon coeur...
La beauté saisissante des côtes parées d'étoiles, l'absence grandissante, et l'engourdissement...
Ah comme on peut se perdre, comme on peut devenir ces vagues aux plaintes molles qui marquent la mémoire...
Et ne plus rien sentir.
Il n'y a plus que l'eau, il y a seulement la mer.
Et il n'y a que la mer qui me rappelle la Terre.
Je vais mourir et n'aurai rien du tout.
Les mots et les regards seront essoufflés d'avoir trop été rappelés. Et je n'aurai rien d'autre.
Je meurs déjà. Et je porte la marque de l'oubli comme méchante balafre ; et la mer à bout d'âme.
Et déjà il ne reste que les horizons flous.