Par Super Pépin
Je n'ai pas su noter l'instant où la terreur se transforma en rire.
Je ne sais si cela prit vingt et quatre années, ou si une nuit seule suffit à m'incliner.
Il y eut ces paroles, abruptes et violentes, au sujet de ces maîtres et de la destruction. Le sceau de l'Autre Monde, la marque de la mort, le blason du chemin que l'on porte sur soi.
"Celle que l'on nomme mal"
Je me suis pris ce soir à errer l'oeil hagard, le sommeil, ces temps-ci, m'oubliant quelques fois ; à tourner sur moi-même tant l'espace est restreint.
Interrogeant souvent d'un oeil un peu fuyant, la silhouette encadrée qui toujours me fait face. La pluie frappée naguère au couteau dans le gris ; les nuages encore gras et toujours familiers.
C'est alors qu'il surgit de l'ombre du tableau, lentement, hésitant.
L'avatar d'Iktomi qui voulu me manger au détour d'un vieux rêve.
Il fut permis alors, de rire de ce coeur qui s'affolait bien vite. De s'amuser aussi de l'impudique absence du moindre étonnement. De se moquer surtout, de soi et de la peur, de ce qui hier encore semblait insurmontable.
Etait insurmontable.
Je vais, le mois prochain, traverser l'autre mer.
Et peut-être qu'alors, observant des reflets sur ces vagues opaques, me rappelant combien le chant du vent des côtes peut être assourdissant
à l'écoute du silence des vieilles bêtes marines, peut-être, je saurai rire aussi.
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