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Archiver, oublier, et perdre pour finir le seul espoir de larme qu'on a cru esquisser. Inexplicable petit rien, qui me fait rappeler ce que j'ai ressenti. Sans saveur, sans plus rien de vibrant.
Par vanité cependant j'ai choisi de me souvenir de ces quelques images.

De tout ce qu'on devine dans les regards des jeunes enfants, qui savent encore reconnaître ce qui est beau ou laid.

La prière muette au vieux sphinx meurtri.
La destruction du temple, et le coeur qui se serre face au rêve accompli. Les blessures dans la pierre, les fissures béantes, les blocs au fond de l'eau ; et les vieux qui repassent inlassablement, se répéter encore que la mer peut bien engloutir le monde...

La mer au masculin...

Quelque chose a changé, tout au fond, tout au fond, nul ne sait vraiment quoi, mais quelque chose n'est plus ; et j'ai erré longtemps, promenant mes murmures sur l'édifice rongé.

Et j'ai marché longtemps parmi les ruines éparses du premier des portails sur lequel j'ai pleuré ; sous les embrins salés qui sèchent et coupent la lèvre, dans l'ombre caressante des souvenirs fanés, des histoires de pêcheurs et de fantômes tristes, le vent iodé de l'est...
Alors j'ai emporté un vieux morceau de rouille, que la mer m'a donné en ébranlant le phare.

Et le ressac vigoureux, pour toujours amoureux de ces rochers hostiles, rouges comme les couchants qui jamais ne les baignent, et vers lesquels je me tourne, la nuit dans mon sommeil...
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