Je suis le couard qui prétend se dresser comme une gargouille malade, celui qui feint d'être debout tandis qu'il s'enfonce dans la vase. L'orgueil des lâches m'anime, le sursaut répugnant qui sait parfois glacer.
Celui qui croit combattre, quand il se laisse doucement etouffer par les murmures, celui qui s'endort paisible au coeur du grand désordre.
Je n'ai rien dans mes mains que j'aie à défendre. Ma hargne n'est que masque, derrière, je suis vautré dans mes névroses douillettes. Je ne me dresse contre rien, et c'est seulement alors que je peux tenir droit.
Que reviennent les pensées meurtrières qui font ployer l'échine, et je m'affale soudain pour mieux les contempler.
Sans résistance aucune.
Et si je marche encore, c'est que mes jambes me portent, et sans me consulter.