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Ceci n'est pas un blog

Et je n'ai pas l'esprit de contradiction

...




"...Balaie le ciel, la terre et l'eau
Balaie, balaie mon gars..."



 



"L'ardeur en secret, l'adieu à la vérité, le silence de la dalle, le cri du poignardé, l'ensemble du repos glacé et des sentiments qui brûlent a été notre ensemble et la route du chien perplexe notre route.
Nous ne nous sommes pas reconnus dans le silence, nous ne nous sommes pas reconnus dans les hurlements, ni dans nos grottes, ni dans les gestes des étrangers  Autour de nous, la campagne est indifférente et le ciel sans intentions.
Nous nous sommes regardés dans le miroir de la mort. Nous nous sommes regardés dans le miroir du sceau insulté, du sang qui coule, de l'élan décapité, dans le miroir charbonneux des avanies. Nous sommes retournés aux sources glauques."


H.M

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Le tombeau de Monsieur Monsieur | 23 janvier 2012


Dans un silence épais
Monsieur et Monsieur parlent
c'est comme si Personne
et Rien dialoguait.

L'un dit : Quand vient la mort
pour chacun d'entre nous
c'est comme si personne
n'avait jamais été.
Aussitôt disparu
qui vous dit que je fus ?

- Monsieur, répond Monsieur,
plus loin que vous j'irai :
aujourd'hui ou jamais
je ne sais si j'étais.
Le temps marche si vite
qu'au moment où je parle
(indicatif-présent)
je ne suis déjà plus
ce que j'étais avant.
Si je parle au passé
ce n'est pas même assez
il faudrait je le sens
l'indicatif-néant.

- C'est vrai, reprend Monsieur,
sur ce mode inconnu
je conterai ma vie
notre vie à tous deux :
A nous les souvenirs !
Nous ne sommes pas nés
nous n'avons pas grandi
nous n'avons pas rêvé
nous n'avons pas dormi
nous n'avons pas mangé
nous n'avons pas aimé.

Nous ne sommes personne
et rien n'est arrivé.

 

 

Jean Tardieu

 

 

 

 


Publié par Super Pépin à 00:44:18 dans - Trucs en vracs | Commentaires (0) |

... | 17 janvier 2012

A quoi bon ?

 

 

Publié par Super Pépin à 23:03:39 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) |

... | 13 janvier 2012

S'il partait pour de bon, ce mal lancinant qui me martyrise,
si elle disparaissait soudain, l'insoutenable gêne, la souffrance écrasante

Si elle me déliait les mains et désertait mon être,
après l'avoir vidé du plus petit élan, et avoir désseché jusqu'au dernier sourire,
ce travail accompli, le vide étant parfait,
Qu'irais-je mettre à la place ?

Que lui apporterais-je, à mon âme, qui saurait surpasser les barrières infinies de l'Indifférence et de l'Ennui ?
Quelle musique exotique saura sortir un coeur usé de sa torpeur, quand tout aura cessé, même d'être douloureux
Quand la dernière plainte se sera perdue, qu'il n'y aura plus de larmes
Quand le dernier soupir ne sera même plus teinté du souvenir, quand l'absence ne pèsera plus,
quand l'interdit sera levé, pour la simple raison qu'on n'y prendra plus garde...

 

Quand j'aurai trop forcé, trop peiné sur la route,
A force d'espérer ce qui est trop loin de moi, ce qui est perdu déjà,
A force d'user ma foi sur de vaines prières
Et de chercher ce qui me manquera toujours
Quand plus rien ne comptera, et
quand même ma peine se sera tue
A quoi ressemblerai-je alors, et que sera ma vie ?

Publié par Super Pépin à 21:05:31 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) |

"Hermès" | 11 janvier 2012

Je n'avais pas oublié, j'avais seulement souhaité refermer cette porte.
Et puis tu vois, je n'ai pas été bien loin.
Naguère, tu apparaissais souvent sur le visage des voyageurs, parfois tu y demeurais si longtemps que le trouble s'installait en moi tandis que je scrutais les passants.

Mais je ne t'ai plus revu, plus jamais. Et je me figure qu'il s'agit là d'une bonne chose.
Je ne t'ai plus revu depuis notre rencontre au détour d'un rêve étrange où je t'ai enfin laissé partir. Et je n'ai plus porté la rose des vents en argent sur laquelle était gravé l'à jamais imprononçable.
Puis le trouble est parti, laissant place à un autre, plus vif, moins ethérique, et qui m'a mené là, et qui m'a secoué si fort que je ne m'en suis pas relevé.

Et tu as reparu, si longtemps après, et cette fois ce n'est pas moi qui tremblait de ne pouvoir rien dire, j'étais comme dans ma vie depuis lors, vide et immobile.
Mais cette fois, il n'y avait rien à dire, et sans rien demander, tu as consolé mon rêve, toi qui est Tempérance,
me consolant de n'être pas le Mat, en qui j'ai toujours cru,
me consolant de n'être que celui que je reniais.

De n'être que le déchiré, sous le jugement de l'ange, les deux routes incertaines, le choix toujours terrible.
Sous la Lune qui me traîne de mensonge en traîtrise, époussetant les traces de ce que j'ai appris,
veillant sur ma mémoire, sur ce que je prétends
Dans l'ombre du Rêve Gris dont le sens grandit, et sous l'oeil de la Grise que j'avais redoutée, que désormais je prie de venir me chercher

Tempérance à tes heures, tu as consolé le fou qui s'épanche en dedans parce qu'il n'est pas le Mât, et qui ne peut voler
L'Amoureux ébranlé dont la rose a fané, et qui doit repartir, s'user jusqu'à la fin sur les sentes solitaires que personne n'emprunte.

Je ne suis pas le Mât, ne l'ai jamais été.
J'ai vu qui il était, il m'a bousculé sur sa route, si fort...
Je ne suis pas le Mât, et le double qui me hante ne l'est pas lui non plus

 

 

 

 

 

 

Publié par Super Pépin à 16:00:12 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) |

... | 04 janvier 2012

Tu détournes les yeux.

Et tu ne les entends pas, les supplications semées dans tous ses rêves.
Celui qui se lamente vers toi dans toutes ses prières, a t-il si peu compté ?

Tu savais déjà, toi.
Tu savais déjà tout cela.
Sans doute avais-tu déjà joint les mains fébrilement, tremblé de tout ton être et n'être plus du tout.
Tu sais bien, on ne le fait qu'une fois.

On ne meurre qu'une fois aussi terriblement.

Et ensuite oublie t-on ?
Ne veux-tu pas m'apprendre ?
à oublier ces notes, à oublier la pluie,
à ne plus remercier pour la musique morte, pour les perles éteintes...

A refermer la boîte et lâcher les fantômes

M'apprendre à m'en aller, à laisser disparaître
A sourire comme toi, et à ne plus pleurer
A te laisser derrière, à les laisser partir, à les laisser se taire, s'effacer sans adieux

Les as-tu retrouvés, ces bouts de toi donnés à d'autres, ou semés sur tes pas aux endroits que tu aimais ?

Tiens-tu dans ta paume ce que tu es d'éternel ?

Celui qui prie pour toi en rêve, qui n'est plus rien du tout,
que vas-tu faire de lui, là où, malgré toi, tu l'emportes ?

Publié par Super Pépin à 23:05:27 dans - logorrhée névrotique pour cause d'insomnie (entre-autres) | Commentaires (0) |

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